Il faut dès aujourd’hui nous organiser pour faire face à une forte augmentation des archives des féministes, pour des raisons liées, entre autres, à la démographie militante : vieillesse, décès des militantes de la 2e vague, nécessité aussi d’anticiper les pertes documentaires prévisibles du féminisme de la 3e vague, mais aussi à une plus grande conscience de l’intérêt de préserver les traces des luttes passées.

Le Centre des archives du féminisme (CAF) installé à Angers est un centre national d’archives qui peut accueillir les fonds volumineux d’envergure nationale. La BMD a selon nous vocation à accueillir 4 types de fonds d’archives :

  • des fonds sur le féminisme à Paris
  • des fonds d’archives peu volumineux
  • des archives complémentaires ou entrant en correspondance forte avec des fonds déjà présents à la BMD.
  • des archives dont la détentrice souhaiterait absolument donner ses archives à la BMD et pas ailleurs.

Rien n’étant bien sûr automatique, c’est à la conservatrice de décider. Quand l’association collecte un fonds d’archives ou quand on lui en propose un, une délibération a lieu au sein de du CA de l’association Archives du féminisme pour réfléchir au lieu de conservation le plus propice. La conservatrice tranche.
Ces précisions s’imposent pour justifier notre demande concernant le besoin d’espace de conservation pour les archives féministes à Paris. Il ne s’agit en aucun cas de créer un Centre national des archives du féminisme à Paris ; il s’agit seulement d’avoir une Bibliothèque Marguerite Durand en ordre de marche, en capacité d’accueillir des fonds d’archives.

C’est pourquoi la Galerie des bibliothèques où la mairie de Paris veut déménager la BMD en 2018 ne convient pas car elle fait stagner la BMD (saturée depuis 20 ans au niveau de ses 2km linéaires actuels). Or la Galerie, en son sous-sol (inondable) où seraient entreposées les collections ne fait que 340 m2 et il est impossible d’y installer des compactus faute de résistance au sol. Les travaux coûteraient plus de 500 000 euros pour un emménagement parfois présenté comme provisoire en attendant mieux.

Nous demandons un moratoire afin que les travaux de la médiathèque Jean-Pierre Melville, qui justifient l’expulsion de la bibliothèque des femmes et du féminisme soient suspendus dans l’attente d’une solution pour la BMD.

C’est cette position que nous défendrons dans les médias et lors d’une prochaine manifestation.

Christine Bard, présidente d’Archives du féminisme

Catégories : I ❤️ BMD

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