Estimées en 1932 à 10 000 volumes et plusieurs milliers de brochures (ces chiffres étant à notre avis surévalués), les collections se sont enrichies au fil du temps, par dons et par achats. Les ouvrages les plus anciens (avant 1850) et les plus rares ont été regroupés dans une « Réserve » en 1991. Cette « Réserve » est riche de :

  • quelques titres des 16e et 17e siècles, parmi lesquels Observations diverses sur la stérilité, perte de fruict, fécondité, accouchements et maladies des femmes (1609) de Louise Bourgeois, dite Boursier, sage-femme de Marie de Médicis, La Galerie des femmes fortes (1647), illustré de 20 gravures, du Père Pierre Lemoyne, ou encore De l’Egalité des deux sexes (1673) de François Poullain de la Barre, premier grand « féministe » moderne, ainsi que des textes de femmes de lettres (Madeleine de Scudéry, Madame de Villedieu…)                                                               
  • d’assez nombreux ouvrages du 18e siècle : des « défenses » des femmes, souvent anonymes, comme L’Apothéose du beau sexe (1722), Apologie des dames (1737), la plupart des œuvres d’Olympe de Gouges, la Défense des droits de la femme de Mary Wollstonecraft (1792), des cahiers de doléance de femmes, de nombreuses œuvres de femmes de lettres                                                                                                                                                                             
  • d’un nombre important de publications de la première moitié du 19e siècle, parmi lesquels on compte des œuvres de George Sand, de Claire Demar, saint-simonienne, de Flora Tristan…                                                                                   
  • d’ouvrages plus tardifs (deuxième moitié du 19e siècle et 20e siècle) mais dans des éditions originales rares ou précieuses, telles les œuvres de Renée Vivien, des ouvrages de la photographe Claude Cahun, des titres édités par le club de femmes bibliophiles ‘Les cent une’, des livres d’artistes contemporaines (Martine Lafon, Sabine Monyris…)

Bien que moins précieux d’un point de vue bibliophilique, les ouvrages « hors Réserve » sont pour beaucoup d’entre eux également très recherchés, car ils sont souvent devenus rares, voire introuvables ; il en est ainsi par exemple des actes des congrès féministes de la fin du 19e siècle et du début du 20e siècle, des brochures publiées par les associations féministes, les groupes néo-malthusiens ou pacifistes, ainsi que de beaucoup d’ouvrages écrits par de grandes figures du féminisme, comme Maria Deraismes, Clémence Royer, Nelly Roussel, Madeleine Pelletier, etc.

Pour la période contemporaine, la bibliothèque possède de façon exhaustive toute la production éditoriale française sur les différentes « facettes » du féminisme (histoire des luttes, textes théoriques, biographies et autobiographies de militantes, etc.) ainsi qu’une large sélection d’ouvrages étrangers sur ces mêmes questions. Il faut noter aussi que la bibliothèque acquiert un nombre important de travaux universitaires (mémoires et thèses), beaucoup de « littérature grise » émanant par exemple d’associations, ainsi que de nombreuses publications officielles (rapports de l’Assemblée Nationale, du Sénat, des instances européennes, etc.).

 

(Photo: Pixabay / CC0 Creative Commons / Libre pour usage commercial / Pas d’attribution requise)

Catégories : Les richesses de la BMD

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