J’ai connu la Bibliothèque Marguerite Durand, au début des années 1980, quand elle était encore située au dernier étage de la Mairie du Ve arrondissement. Je me souviens d’une petite salle, meublée de tables en bois clair et des fiches cartonnées classées alphabétiquement. Je ne sais plus comment j’avais appris l’existence de ce lieu inconnu des étudiant.e.s, de bouche à oreille sans doute. C’est là que j’ai découvert les articles minutieusement recensés des féministes matérialistes et que je les ai dévorés avec passion.

Par la suite, j’ai fréquenté assidument la bibliothèque, déménagée dans le XIIIe arrondissement, pour ma thèse sur l’histoire des mouvements de femmes après la deuxième guerre mondiale.

Quand j’habitais à Florence et que je venais passer quelques jours à Paris, Annie Metz me laissait venir dès le matin, en dehors des horaires d’ouverture, pour optimiser mon temps compté. J’y lisais les dossiers thématiques et biographiques, je dépouillais les bulletins associatifs tout en enrichissant ma connaissance de l’historiographie par les thèses et ouvrages spécialisés.

J’ai même, modestement, contribué à enrichir ses fonds en laissant la copie de la collection complète des bulletins du « Mouvement Jeunes femmes » que Francine Dumas, sa première vice-présidente, m’avait donnée.
Par la suite, devenue directrice de recherche, j’ai systématiquement signalé à mes étudiant.e.s ce haut lieu de l’histoire du féminisme et nombreux sont celles et ceux qui y sont allés depuis Toulouse.

Sylvie Chaperon

(Photo: Pixabay / CC0 Creative Commons / Libre pour usage commercial / Pas d’attribution requise)

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