« Pour mon mari sans prétention

J’ai mauvaise réputation

Je ne veux pourtant pas de mal aux hommes

Mais j’en ai assez de servir de bonne

Car les hommes ils n’aiment pas que

L’on n’vive pas seulement pour eux

Je veux enfin vivre pour moi

Vous entendez… : pour moi, pour moi ».

Voilà la chanson de Brassens détournée et, sur cette lancée, celle de Jacques Lanzmann et Jacques Dutronc. Ce « J’aime les filles », vantant celles « qu’on voit dans Elle », est l’occasion d’une affirmation vengeresse : non seulement la chanson retravaillée par des féministes durant les années 1970 évoque « les homos les hétéros », « les filles qui se révoltent », « les filles qui claquent les portes », mais encore elle suppose de dire « non » à « tous les dragueurs les dons juans/ les découpeurs de femmes en rond ». Deux pastiches et deux pépites, de celles que l’on trouve dans les fonds de la Bibliothèque Marguerite-Durand.

J’aime tout de ce lieu : ses fonds exceptionnels, bien sûr, pour qui travaille sur le genre, l’histoire des femmes et des féministes, les luttes sociales et les mobilisations, l’histoire de l’ordinaire aussi ; j’aime l’accueil chaleureux que nous y trouvons toujours ; j’aime enfin l’endroit qu’elle représente, au cœur d’une vaste bibliothèque-médiathèque municipale où se côtoient tant de lectorats, étudiant-e-s, habitant-e-s du quartier, un lieu ouvert et animé. La BMD est un espace essentiel à nos recherches et à nos savoirs partagés : il faut à tout prix la préserver, protéger la visibilité de ses collections et la formidable compétence des personnes qui s’y consacrent avec disponibilité et générosité.

 

Ludivine Bantigny, maîtresse de conférences à l’université de Rouen

Catégories : I ❤️ BMD

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